Visite de la Grande Chancellerie et du musée de la Légion d’Honneur le 21 mai 2018

En bordure de Seine, proche du Louvre et du pouvoir, ce bâtiment à colonnes et rotonde devait prouver à tous la puissance du prince de Salm. A peine construit en 1788, les finances du prince périclitèrent. La révolution occupa les lieux, puis Napoléon y installa en 1804 l’Ordre de la Légion d’Honneur, créé en 1802, à la fois civil et militaire. Réaménagé, complété de bureaux, l’hôtel fut totalement incendié lors de la commune en 1871. Reconstruit, avec peintures, dorures, il fut meublé des restes du mobilier impérial mis de côté par l’impératrice Eugénie avant la défaite de Sedan. Au centre de la cour d’honneur à colonnades, des grands buissons de roses rouge «Légion d’Honneur ».

Récemment restaurés grâce à des mécénats, les salons et l’immense rotonde servent toujours aux cérémonies et réceptions du Grand Chancelier. La Reine Elizabeth II y  déjeuna à sa demande dans la salle à manger face au Grand Chancelier et au tableau mural du Camp de Boulogne où Napoléon était prêt à envahir l’Angleterre, ce qu’elle prit avec humour…"je crois bien qu'il n'a pas réussi...".La Chancellerie (400 personnes) abrite les bureaux des Ordres français : outre la Légion d ‘Honneur, la Médaille Militaire, l’Ordre du Mérite, celui du Mérite Maritime, etc. Le Grand Chancelier est aussi propriétaire es-fonctions des bâtiments des Maisons d’éducation  à St Denis, et aux Loges ( 1 000 élèves).

Le musée contigu, remarquablement réaménagé, expose l’histoire des grands ordres de chevalerie français, aussi bien des rois que de l’Empire et de notre époque et présente les décorations de nombreux pays. La Légion d’honneur compte actuellement 92 000 membres, avec 2 800 français et 320 étrangers décorés chaque année. Il y a 159 000 médaillés militaires, dont 5 000 français chaque année. Le Mérite compte 185 000 membres, dont 5 000 français et 340 étrangers par an. La Médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme, créée en 2016, est au 4e rang des décorations françaises.

Organisée grâce au CRC2(r) Noëlle Auphan, et au CRC1(h) Jacques d’Arjuzon, cette visite fut commentée avec brio par Monsieur Yves Minjollet, administrateur de la Chancellerie, puis Mme  de Chefdebien,  conservateur en chef du Musée, qui  mirent en avant, outre l’histoire, l’évolution sociologique et politique des Ordres selon les régimes et les conflits.

Yves Signorel ( ECM 1964)

 

 

Dans le cadre du centenaire de la grande guerre, cette exposition explique La recomposition de l'Europe après la première guerre mondiale.

Le clairon qui sonna l’armistice en  novembre 1918 n’a pas sonné la fin des guerres en Europe centrale,  à l’Est et au Proche Orient. Le monde d’avant n’est plus, les empires sont tombés, les pays sont modifiés, les frontières déplacées, les nations meurtries. Déjà, en 1917, le Tsar avait été remplacé par Lénine et les soviets. Les empires allemands, austro-hongrois, russes, ottoman, disparaissent au profit des nations qui les constituaient.  Une succession de traits sur les cartes  découpe l’Europe, le Levant, déplace les peuples. Du traité de Versailles en 1919 à celui de Lausanne en 1923, une nouvelle Europe renait dans les tourments et la douleur. Les armées françaises apportent aide et logistique (uniformes, casques, généraux, etc) aux armées disparates des nouvelles nations. Notre marine transportera ceux que la poussée de l’armée Rouge obligea d’évacuer le sud de la Russie, et les accueillera  à Constantinople dans des camps jusqu’en 1922.La Pologne retrouve son indépendance : Foch a reçu son bâton de maréchal polonais. La république de Weimar a remplacé le Reich impérial. Malgré les 14 propositions  du président Wilson, la création de la SDN, les américains ne ratifient pas le traité de Versailles. Le droit international s’impose cependant aux nouveaux états-nations. Mais il n’y a pas eu de véritable plan de paix : celle-ci ne dura que peu d’années ensuite…

Cette exposition didactique du Musée de l’Armée présente près de 300 objets, affiches aux superbes graphismes, uniformes, drapeaux, traités originaux, armes, documents, et surtout cartes (dont la carte de l’accord secret Sykes-Picot qui répartit dès 1916 les territoires du Levant entre la France et l’Angleterre). Un historien disert accompagna notre groupe pour cette visite organisée pour l’ANCM par le CRC1(h) Jacques d’Arjuzon,  le samedi 1er décembre  2018. Une redécouverte passionnante de cette période chaotique et méconnue, dont les conséquences sont toujours présentes dans l’actualité.

Expo du 5 octobre 2018 au 20 janvier 2019 Entrée Musée de l'Armée.

 

  

  

  

 

 

 

 

 Au chevet de cette Ecole, nous trouvons le Maréchal de Saxe, un riche contrôleur général des guerres, Paris-Duverney, ami de la Pompadour, laquelle  appuie le projet auprès  du Roi  Louis XV, puis  un grand architecte, Gabriel…et un italien intriguant. De cette association improbable naît en 1751 une école militaire pour les cadets de la petite noblesse provinciale, financée par une Loterie lancée par Casanova qui gère les commissions sur la vente des billets...

Ainsi s’élève dans la plaine maraîchère de Grenelle cette merveille architecturale sobre, où les nombreuses colonnades plaisent aux jeunes cadets. L’un d’eux, entré à 15 ans en 1785 y reçoit, dans la chapelle, la Confirmation par Mgr de Beaumont, archevêque de Paris, qui s’étonne : Napo …Napoleone ? D’où vient-il ? Ce n’est pas le prénom d’un saint. Avec un fort accent, la réponse fuse : » il y a plus de saints que de jours dans le calendrier ». Ce Napoleone fort en maths voulait choisir…la marine. Il n’y avait plus de place, ce fut l’artillerie. Nous aurions pu avoir l’Amiral de Buonaparte…l’Histoire eut été autre…

L’Ecole connut de nombreuses vicissitudes depuis  la Révolution. La Chapelle coupée par un plancher au 1er étage fut une belle salle de bal sous l’Empire, au-dessus d’un dépôt de literie…En 1870, une balle troua la glace du grand salon des maréchaux, que nous visitâmes exceptionnellement. Dans la bibliothèque aux boiseries grises, une autre balle troua en 1944 un livre allemand et la glace au-dessus : livre et trous sont toujours là. Grand manège, superbes écuries (90 chevaux), carrière, sellerie, la cavalerie reste présente.

Le pavillon Gabriel fut la chapelle de l’infirmerie, les malades pouvant y suivre la messe par les ouvertures sous la coupole. Un conférencier érudit, aimable et disert, M Henri Vivier, nous révéla  cette histoire que parfois nous ignorons quand nous courons aux conférences. Merci  au CRC2 Noëlle Auphan pour avoir organisé cette redécouverte.

   

   

   

   

   

   

   

 

 

 

 

 

 

La recherche d’un canal dans cette zone remonte à près de 4000 ans : « La pensée de Sésostris vient d'être reprise par Ferdinand de Lesseps » dira Théophile Gauthier en 1867. Egypte et France, de Lesseps et Said, puis Ismail Pacha, Impératrice et souverains, chantier géant et fêtes internationales, l’inauguration de 1869 par l’Impératrice Eugénie marque une ère nouvelle dans la navigation mondiale.

La remarquable exposition de l’Institut du Monde Arabe, commentée par une guide érudite, nous a permis de mieux comprendre les enjeux stratégiques de ce canal au cours de l’histoire récente. Maquettes  géantes rarement vues, photos et vidéos participent à cette visite immersive et vivante. Une ville nouvelle fut implantée ; Bartholdi proposa un projet de statue géante portant un flambeau, abandonné à Suez mais repris à New York pour symboliser la Liberté…Les dragues et matériels utilisés pour creuser l'isthme contribuèrent à la technologie des grands travaux.

Beaucoup d’entre nous sont passés par le canal de Suez…sans avoir le temps peut-être de mieux connaitre sa fabuleuse épopée !

   

  

  

 

 

Grace au CRG2(2s) Jean-François Ermeneux,  économe du Diocèse aux Armées, un groupe de commissaires et d’Intra-marine a pu être reçu le samedi 20 janvier 2018 au 20bis rue Notre Dame des Champs, où le Diocèse est installé dans des bâtiments appartenant à la Congrégation des Sœurs du Bon Secours, fondée en 1824,dont les sœurs sont présentes dans le monde entier, avec  64 congrégations. La chapelle, privée, est la première église néo-gothique de Paris, inspirée de l’architecture anglaise, construite vers 1830, remarquablement conservée et entretenue : décor coloré du chœur, vitraux, boiseries, extraordinaire escalier de pierre sous le buffet d’orgues Cavaillé-Coll, sol en marbres colorés. Monseigneur Robert Poinard, vicaire général émérite et chancelier du diocèse aux Armées nous la présenta avec une sympathique érudition.

Dans une salle de réunion, le Père Pierre Fresson, aumônier en chef de la Marine et vicaire général du Diocèse aux Armées nous parla de la pratique du culte dans les Armées, bel exemple de cohabitation de religions et de laïcité réussie. Laïcité ne signifie par séparation, mais distinction et relations. Ce modus vivendi au quotidien, issu d’une longue histoire, s’est progressivement organisé. Ordinariat militaire indépendant des évêques sous Jean Paul II en 1986, puis, en 2012, diocèse, dont l’évêque actuel, Monseigneur de Romanet, siège en sa cathédrale aux Invalides. Cette structure est adaptée aux déplacements territoriaux des personnels militaires.

La charte des cultes de 2008, complétée en 2012, reconnait les 4 cultes catholique, protestant, juif et musulman, avec des aumôniers hors grades pour chaque religion, qui coordonnent leurs missions, sans prosélytisme. Écoute, parole, sens de la vie, gestion du stress, cultes, sont indispensables aux militaires, et à leurs familles. Tous les militaires en activité, et leurs familles, dépendent des aumôniers des Armées. Même les réservistes, mais seulement pendant leurs périodes en activité.

   

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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